CLARA 69 
Texte de Gildas Milin
2011

Je déteste les gens qui se plaignent.
Je déteste la pornographie, la vraie, celle qui rapporte.
Je déteste les gens qui parlent de solitude.
Et je n’aime pas non plus qu’on me parle de la mer.
JE M’APPELLE CLARA 69 — JE SUIS NÉE A MARSEILLE EN 69 — MON NOM C’EST CLARA

Clara 69 est une recherche autour de la folie féminine, avec pour postulat que celle-ci est nécessaire et constitutive de ce qu’est la femme. Lorsque j’ai découvert ce texte pour la première fois, je ne voyais qu’un hymne à la vie. Oui, elle est en prison, oui elle s’invente des vies, elle insulte, elle délire, elle se bat pour vivre et elle ne pense qu’à ça. D’ailleurs elle n’y pense pas, elle le fait naturellement, la pulsion de vie la meut.

Monologue autonome, Clara 69 est la pièce que joue Nilhe, personnage masculin du triomphe de L’Échec de Gildas Milin. Clara, une jeune femme de 27 ans, est incarcérée à la prison de Fleury-Mérogis. Les circonstances de son enfermement c’est elle qui nous les raconte, qui nous les invente au fil de son monologue.

En attendant, je suis mon propre laboratoire

Cinq comédiennes se saisiront de ce texte. Chacune d’elle sera son propre terrain de jeu. Cinq Clara, celle enfermée au mitard, celle qu’elle se rêve d’être, celle qu’elle a été, celle qui la suit, celle qui la touche.

Disons pour commencer que j’ai fait des choses comme ça : des choses interdites et grandioses avec des musiques tatouées dans ma tête et des larmes tatouées sur mes seins.

Clara est sa propre prison, l’extérieur et les autres n’arrivant pas à enfermer toute cette « folie secrète ». Elle s’évade, elle repense le monde, elle rit, elle s’ouvre, touche, s’abîme, et se tue.
Maroussa Leclerc Conception et mise en scène
Pauline Fontaine Assistanat
Paul Chantereau Scénographie / Décor
Nicolas Pierre Réveillard Vidéo
Avec Margot Alexandre, Aloysia Delahaut, Estelle Graczyck, Eleonore Hendricks, Nina Richard

Ce projet a reçu le soutien du Festival Nanterre sur Scène, et du festival les Semailles à Missery.

 

© Maxence Gourdault-Montagne